C’est réparti pour un nouvel épisode de recensement des commerces du centre-ville d’Albi!

Mon travail réalisé l’an dernier, a permis de montrer, notamment, que près de 14% des cellules commerciales du cœur de villes étaient vides et que la diversité de l’offre commerciale était pauvre, avec presque 1/3 des boutiques dédiées à l’habillement contre 3% de commerces de bouche.

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La diffusion de ces chiffres dans la presse locale et nationale a vivement agité le microcosme politique albigeois. En effet, face à cette mauvaise publicité, conjuguée aux critiques de l’opposition, l’équipe municipale a multiplié les déclarations d’intention en faveur du commerce de centre-ville.

Qu’en est-il aujourd’hui?

Avant de commencer, il est possible de consulter la méthodologie utilisée pour définir le centre-ville d’Albi. Bien qu’imparfaite, elle a le mérite de proposer une base de travail.

Un taux de vacance commerciale en progression

Au 1er février 2017, le cœur de ville ne compte pas moins de 505 cellules commerciales, dont 47 se trouvent rue Croix Verte, 43 rue de l’Hôtel de Ville et 32 rue Mariès.

Sur l’ensemble de ces cellules, 75 sont actuellement inoccupées ou en liquidation, soit 14,85%. L’an passé, 73 d’entre-elles se trouvaient dans la même situation, soit 14,54% au total. La vacance commerciale dans le centre-ville d’Albi a donc connu une hausse de 0,31% en un an.

Ces chiffres ne sont toutefois pas très parlants si on les regarde à l’échelle du centre-ville. Il faut, en effet, les observer à une échelle plus fine, pour constater que certaines rues sont durement touchées alors que d’autres sont épargnées.

Une forte disparité entre les rues du centre-ville

La rue Croix Verte (47 cellules), par exemple, connaît un taux de vacance de 40,43%, un peu plus que les 36,36% de la rue Séré de Rivières (22 cellules) et presque deux fois plus que les 22,73% de la rue Émile Grand (22 cellules). Ces trois artères sont sans conteste les plus frappées par le phénomène de désertification commerciale.

A contrario, des rues comparables, comme celle de l’Hôtel de Ville (43 cellules, 4,65% de vacance), Mariès (32 cellules, 6,25%), Timbal (26 cellules, 3,85%), ou encore Sainte-Cécile (21 cellules, 4,55%), affichent un réel dynamisme, même si on y trouve parfois quelques vitrines vides.

En fait, on trouve au moins un fonds de commerce de vide dans les rues possédant au moins 10 cellules commerciales, à l’exception des grandes places (Vigan, Lapérouse, Sainte-Cécile) et de la rue de l’Oulmet.

Pour prendre pleinement conscience du phénomène, je vous conseille de regarder attentivement le tableau ci-dessous, qui récapitule le phénomène de vacance commerciale dans le centre-ville d’Albi entre 2016 et 2017, rue par rue:

 

vacance commerciale centre-ville Albi dévitalisation vitrines videsvacance commerciale centre-ville Albi dévitalisation vitrines vides

 

 

 

Une diversité commerciale toujours aussi pauvre

En terme d’offre commerciale, il n’y aucune différence significative entre les chiffres de 2016 et ceux de 2017. La répartition est en effet la même ou presque (seul la part de l’équipement de la personne et de la maison a baissé).

Sur les quelques 500 cellules que compte le centre-ville, près de 30% sont dédiées à l’habillement et au linge de maison alors qu’on trouve seulement 3% de commerces de bouche (hors marché couvert et marché du samedi), soit moins que les 6% de coiffeurs…

On remarque, en outre, une part non-négligeable de restaurants (17%), situés pour beaucoup à proximité de la cathédrale.

Répartition commerces 2017

Géographie des grandes enseignes 

Le centre-ville d’Albi compte 105 grandes enseignes commerciales, soit près d’un quart du total des cellules commerciales occupées.

On retrouve ces grandes enseignes sur les principaux axes qui mènent à la cathédrale ou qui en sont proches: rue Sainte-Cécile (52,38%), rue Mariès (50%), rue de l’Oulmet (42,86%), rue de Verdusse (38,89%). Ces enseignes se situent également sur les grandes artères menant à la place du Vigan: rue Timbal (56%), Lices Pompidou (44,44%), rue de l’Hôtel de Ville (21,95%).

La moitié de ces grandes enseignes sont des boutiques de vêtements (46,67%), puis viennent les banques et agences immobilières (21,90%) et enfin les magasins dédiés au loisir (11,43%).

Il est à noter que 3 enseignes de la grande distribution sont présentes dans le centre: Carrefour, Casino, SuperU.

Perte de centralité du centre-ville

La vacance commerciale est un des marqueurs forts de la perte de centralité du cœur de ville, mais ce n’est pas le seul. Il faudrait en effet y ajouter la délocalisation de certains services publics: déménagement de la CPAM vers le boulevard Gambetta au cours de l’année en 2016, installation des Impôts rue du Roc, fermeture de l’école Pasteur en 2013, disparition du théâtre Croix Blanche en 2012… Il faudrait aussi prendre en compte le taux de logements vacants, recenser le nombre de services en libéral (médecins, huissiers, comptables…)…

 Cartographie et listing des commerces

Finalement, pour mieux visualiser toutes les données évoquées plus haut, je vous invite à consulter les deux cartes suivantes:

Typologie des commerces dans le centre-ville (hors rues Croix Verte et Séré de Rivières)

Typologie des commerces rues Croix Verte et Séré de Rivières

Je vous invite également à télécharger la liste (quasi) exhaustive des commerces du centre-ville d’Albi.

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