La municipalité d’Albi n’ayant toujours pas mis en place un observatoire pour chiffrer la vacance commerciale – mesure pourtant préconisée par de récents rapports (IGF, IVC) – je me colle donc à la tâche, bénévolement, pour une troisième année de suite.

Pour rappel, mon dernier recensement faisait état, au 1er février 2017, de près de 15% de cellules vides dans le centre-ville, soit une légère hausse par rapport à 2016. Mon travail soulignait également une pauvreté de la diversité commerciale dans le cœur de ville, avec un tiers de boutiques  dédiées à l’habillement notamment. Enfin, je remarquais la présence imposante des grandes enseignes, qui représentaient 1/4 des magasins du cœur de ville début 2017.

Qu’en est-il de la situation actuelle?

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Ancien magasin de vêtements, rue Mariès ©Jourdain Florian

Avant de commencer, je rappelle qu’il est possible de consulter la méthodologie utilisée pour définir le centre-ville d’Albi. Bien qu’imparfaite, elle a le mérite de proposer une base de travail.

Une dévitalisation commerciale qui se confirme

Au 1er février 2018, le cœur de ville compte 502 cellules commerciales et ce, malgré la disparition de certaines d’entre-elles au profit d’autres activités. Les principales artères marchandes se situent rue Croix Verte (47 boutiques) et rue de l’Hôtel de Ville (43), loin devant la rue Mariès (32).

Sur l’ensemble de ces cellules, 82 sont actuellement inoccupées, soit 16,33%, ce qui représente une hausse de près de 1,5% par rapport à 2017. La dévitalisation commerciale du centre-ville semble bien un phénomène structurel.

Ce fort taux de vacance ne rend toutefois pas compte des disparités à l’oeuvre dans l’hypercentre. En effet, certaines rues sont durement touchées alors que d’autres sont épargnées.

Des secteurs plus touchés que d’autres

Comme l’année précédente, ce sont les rues du faubourg du Vigan qui sont les plus sinistrées. La rue Croix Verte, malgré une amélioration de son dynamisme commercial, reste la rue la plus touchée du centre-ville avec un taux de vacance de 36,17%, soit 17 magasins vides sur 47! La rue Séré de Rivières quant à elle, affiche un taux très élevé de 31,82% – même s’il est lui aussi à la baisse – ce qui représente 8 boutiques fermées sur 22.

Autre secteur en difficulté, pour ne pas dire en perdition, le Castelnau. En effet, depuis trois ans, ce quartier, situé entre la place Lapérouse et la cathédrale, connaît une érosion de son tissu commercial. La rue du Plancat, par exemple, affiche un taux de vitrines vides proche des 60%, soit 4 magasins fermés sur 7. De son côté, la rue Puech Berenguier possède un taux de 40% avec 2 boutiques vides sur 5. La rue Toulouse-Lautrec, quand à elle, compte 20% de cellules non-occupées, soit 2 sur 10. La rue de la Croix Blanche, enfin, connait avec un taux d’occupation maximal (2/2), mais a vu récemment la disparition de son théâtre et de sa forge.

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Ancien local de La Bonbonnerie, rue du Plancat ©Jourdain Florian

A contrario, certaines artères du centre-ville ne sont pas ou peu touchées par le phénomène de vacance. C’est le cas de la rue Sainte-Cécile, dont les 21 magasins sont tous occupés, de celle de Verdusse dont les 18 cellules ont tous trouvé preneur ou encore des rues Saint-Julien et Timbal où seulement une boutique sur 26 est vide.

Plus généralement, on trouve au moins un fonds de commerce vide dans les rues possédant au moins 10 cellules commerciales, à l’exception des grandes places (Vigan et Sainte-Cécile) et de la rue Sainte-Cécile et de Verdusse.

Pour prendre pleinement conscience du phénomène, je vous conseille de regarder attentivement le tableau ci-dessous, qui récapitule – avec une marge d’erreur d’environ 1% – le phénomène de vacance commerciale dans le centre-ville d’Albi entre 2017 et 2018, rue par rue:

vacance commerciale centre-ville Albi dévitalisation

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Une répartition des commerces presque inchangée

En terme d’offre commerciale, il n’y aucune différence significative entre les chiffres de 2017 et ceux de 2018. La répartition est en effet la même ou presque.

Sur les quelques 500 cellules que compte le centre-ville, près de 30% sont dédiées à l’habillement et au linge de maison alors qu’on trouve seulement 2% de commerces de bouche (hors marché couvert et marché du samedi), soit moins que les 5% de coiffeurs… Par ailleurs, il est incroyable de constater qu’il y a désormais autant de tatoueur que de boulangerie (artisanale et industrielle confondues)…

On remarque, en outre, une part non-négligeable de restaurants – 1 cellule sur 5 – situés pour beaucoup à proximité de la cathédrale.

Répartition commerces 2018 centre-ville Albi

Extension du commerce de périphérie

Malgré un triste bilan pour le centre-ville d’Albi, la majorité municipale minimise la situation. Pire, elle soutient le projet de création d’une énième zone commerciale à l’Est de la ville, dans le quartier de la Renaudié et elle feint de ne pas être concernée par la création d’un espace commercial à Lescure d’Albigeois, au bout de l’avenue Albert Thomas. En bref, l’équipe de Stéphanie Guiraud-Chaumeil ne fait rien pour empêcher le siphonage annoncé du centre-ville et des quartiers de la ville.

Cartographie et listing des commerces

Finalement, pour mieux visualiser toutes les données évoquées plus haut, je vous invite à consulter les deux cartes suivantes:

Typologie des commerces dans le centre-ville (hors rues Croix Verte et Séré de Rivières), mise à jour le 1er février 2017

Typologie des commerces rues Croix Verte et Séré de Rivières, mise à jour le 1er février 2017

Je vous invite également à télécharger la liste (quasi) exhaustive des commerces du centre-ville d’Albi.

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