Madame le maire n’ayant toujours pas jugé utile de mettre en place un observatoire pour chiffrer la vacance commerciale, je repars donc pour un nouvel état des lieux des commerces du centre-ville d’Albi.

Pour rappel, dans ma dernière étude, je soulignais que près de 80 magasins sur 500 étaient vides au 1er février 2018, soit un peu moins de 16%, soit une hausse par rapport à 2016 et 2017. Je confirmais également la pauvreté de la diversité commerciale, symbolisée par la surreprésentation  des magasins dédiés à  l’habillement. Enfin, je rappelais que les grandes enseignes occupaient toujours une part importante.

Qu’en est-il aujourd’hui?

vitrines vides vacance commerciale centre-ville albi Carlie rue hôtel de ville
Ancien magasin de chaussures pour femmes, rue de l’Hôtel de ville ©Florian Jourdain

Une vacance commerciale qui continue de progresser

Au 1er février 2019, le cœur de ville compte toujours 499 cellules commerciales. Les principales artères marchandes restent inchangées et se situent rue de l’Hôtel de Ville (43 boutiques), rue Croix Verte (41) et rue Mariès (32).

Sur l’ensemble de ces cellules, 82 sont actuellement vides, soit 16,43%, ce qui représente une hausse de près de 0,5% par rapport à 2018, de 2% par rapport à 2017 et de 2,5% par rapport à 2016. La dévitalisation commerciale du centre-ville d’Albi semble bien un phénomène structurel et non un mal passager.

Ce fort taux de vacance ne rend toutefois pas compte des disparités et des dynamiques à l’œuvre dans l’hypercentre.En effet, certaines rues sont durement touchées alors que d’autres sont épargnées et que certains secteurs redeviennent attractifs.

Des dynamiques inégales 

Le tissu commercial du cœur de ville, en dépit de ses difficultés, a ses valeurs sûres, ses certitudes. En effet, des secteurs comme celui du Vigan, de la cathédrale et du marché couvert (hors rue Emile Grand) connaissent une vacance faible voire inexistante depuis des années. En fait, plus on s’éloigne de ces artères et plus le nombre de boutiques vides est important. Par exemple, à mi-chemin entre la cathédrale et la place du Vigan, on trouve de nombreux rideaux baissés.

vitrines vides vacance commerciale centre-ville albi aviva rue séré de rivières
Ancien assureur, rue Croix Verte ©Florian Jourdain

A côté de ça, certains secteurs fortement impactés par la vacance ont enregistré un regain d’activité. C’est le cas de l’ensemble formé par la place Lapérouse et l’avenue de Gaulle qui a enregistré l’installation de 4 nouvelles enseignes et du quartier du Castelnau, très éprouvé ces derniers temps, qui a vu l’arrivée de 3 boutiques.

Enfin, à contrario, il est à noter que les rues Séré de Rivières (36% de vitrines vides) et Croix Verte (27%) restent les artères les plus durement touchées devant les rues de l’Hôtel de ville (26%) – en nette progression – et Émile Grand (23%) – en légère baisse.

Plus généralement, on trouve au moins un fonds de commerce vide dans les rues possédant au moins 10 cellules commerciales, à l’exception des grandes places (Vigan et Sainte-Cécile) et de la rue Sainte-Cécile et de Verdusse.

Pour prendre pleinement conscience du phénomène, je vous conseille de regarder attentivement le tableau ci-dessous, qui récapitule – avec une marge d’erreur d’environ 1% – le phénomène de vacance commerciale dans le centre-ville d’Albi entre 2018 et 2019, rue par rue:

Vacance commerciale centre-ville albi tarn 2019

Une répartition des commerces conforme aux années précédentes

Il n’y a aucune surprise en ce qui concerne la répartition des commerces du cœur de ville. Bien qu’en légère diminution depuis 3 ans (-5%), la part dédiée à l’habillement et à la maison est prépondérante (presque 1/3 des boutiques), devant le secteur de la restauration qui lui progresse (+2%). Les autres catégories, quant à elles, sont stables.

Répartition des commerces du centre-ville d'Albi par catégorie

Quel avenir pour la commercialité en Albigeois?

A l’heure où ces lignes sont écrites, deux nouveaux complexes commerciaux périphériques sortent de terre. La première zone se trouve à la Renaudié. Construite sur des terres arables et sur les ruines d’une ferme du XIXe siècle et ce malgré plusieurs irrégularités, elle accueille aujourd’hui un Mc Donald’s, le troisième de l’agglomération, Marie Blachère et bientôt Leroy Merlin.

Quelques kilomètres plus au Nord-Ouest, sur la commune de Lescure d’Albigeois, à proximité du Leclerc récemment agrandi, ce sont 18 000 m² d’enseignes qui doivent progressivement sortir de terre jusqu’en septembre 2019. Au programme, de l’habillement, des services à la personne, de la restauration rapide ou encore des produits destockés et du surgelé…

Ce jusqu’au boutisme d’élus obnubilés par le profit intervient dans un contexte de forte vacance commerciale en centre-ville mais aussi en périphérie, elle aussi très sévèrement touchée selon les cas.  Il est urgent de s’interroger sur l’avenir même de la commercialité de l’Albigeois? Jusqu’où peut-on aller avec ce mode de développement aveugle? Combien de temps le tissu commercial du cœur de ville et de certains secteurs périphériques (Puygouzon, La Baute, Caussels…) va-t-il résister?

Méthodologie, cartographie et listing des commerces

Un lien vers la méthodologie utilisée pour définir le centre-ville d’Albi. Bien qu’imparfaite, elle a le mérite de proposer un cadre.

Pour mieux visualiser toutes les données évoquées plus haut, je vous invite à consulter les deux cartes suivantes (attention, certaines données ne sont plus valables):

Typologie des commerces dans le centre-ville (hors rues Croix Verte et Séré de Rivières), mise à jour le 1er février 2017

Typologie des commerces rues Croix Verte et Séré de Rivières, mise à jour le 1er février 2017

Je vous invite également à visualiser la liste (quasi) exhaustive des commerces du centre-ville d’Albi:

commerces centre-ville Albi

 

Publicités